Trois-Rivières: l’intervention de Jean Boulet est nécessaire
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J’ai longtemps hésité à vous écrire, car les dernières semaines ont été difficiles. Après avoir été la cible d’une mise en demeure intimidante de la part de ma propre ville, la déception était trop grande. Même si j’ai pensé abandonner, je suis incapable de me résigner et me résoudre au silence.
Monsieur Boulet, vous êtes notre député et un ministre influent au sein du gouvernement du Québec. Ce qui se passe actuellement à Trois-Rivières dépasse l’entendement et les principes mêmes de notre démocratie municipale sont attaqués, voire bafoués par l’administration en place. Il suffit de lire les avis de maître Julius Grey et de l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC) pour en constater l’ampleur.
Je vous prie d’intervenir auprès de notre municipalité, monsieur Boulet, car la situation est intenable et les risques d’escalade à court terme sont majeurs. Je veux pouvoir m’exprimer librement sans crainte d’être humiliée par la Ville de Trois-Rivières, mais surtout, je veux que ma ville respecte ses citoyens, ainsi que ses règlements. D’ailleurs, à titre de citoyenne assidue aux assemblées du conseil municipal par la webdiffusion ou en présence, j’ai constaté certaines irrégularités.
Voici quelques exemples inquiétants et frappants: la greffière de notre ville semble offrir un accès privilégié aux alliés de l’administration Lamarche en leur murmurant à l’oreille pendant les séances. De plus, la greffière ne se gêne pas pour applaudir le maire en place et commenter ouvertement par des «bravo!» sonores, alors que, par son rôle de gardienne du Règlement, elle doit impérativement afficher la plus grande neutralité.
Ajoutons à cela que le vote du 4 juillet dernier sur la proposition exigeant la tenue d’un référendum quant au projet 40-55 s’est fait sans débat, en contradiction flagrante avec la procédure du Règlement intérieur de la ville et à la suite de l’insistance du maire de Trois-Rivières. Imaginez le scandale si cela était arrivé à l’Assemblée nationale du Québec! Tout ça pour adopter un projet dont les travaux pour le prolongement du certificat d’autorisation datant de 2014 ont été faits préalablement à l’émission d’un permis de la Ville, dans le plus pur cynisme d’une municipalité envers sa propre réglementation.
Encore là, je ne vous parle pas de l’atmosphère d’oppression qui s’installe et s’accélère avec la mise en place d’un détecteur de métal (une malheureuse première au Québec), l’envoi de mises en demeure et les menaces de constats d’infraction, le tout dans le but évident de bâillonner la population. Monsieur Boulet, nous avons dépassé toutes les bornes de ce qui est acceptable socialement, car la Ville de Trois-Rivières ne semble pas seulement avoir déclaré la guerre à ses règlements, mais aussi à ses citoyens.
En somme, nous avons besoin de vos talents de médiateur. Oui, vous devez mettre à l’œuvre vos talents de médiateur afin de négocier une sortie de crise entre la Ville de Trois-Rivières et sa population. Monsieur Boulet, je crains qu’un huissier sonne à nouveau à ma porte, mais je ne me tairai pas. Les citoyens et citoyennes de Trois-Rivières n’accepteront pas d’être muselés.
Joan Hamel
Trois-Rivières
Source : Le Nouvelliste, édition du 2023-08-12.
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